Cette grève de la faim porte sur les finances de Chamoson. À en juger par les comptes, on aurait plutôt envie de se réjouir.
Les recettes ont augmenté de 0,7 %. Les dépenses ont augmenté de 0,3 %. La dette brute a diminué de 8,6 %.
Le signal d’alarme vient de la catégorie de dépenses la plus importante des comptes : les frais de personnel, qui ont augmenté de 7,8 % et devraient encore augmenter de 8,5 % en 2026.
Pour comprendre pourquoi cela constitue un problème grave, il faut remonter à 2024.
Cette année-là, les recettes ont augmenté de 13,7 % et les dépenses de 6,6 %. Dans un contexte commercial, ce sont de bons résultats. Mais dans les comptes municipaux, les dépenses ne varient pas proportionnellement aux recettes. Les recettes peuvent chuter de manière significative en cas de ralentissement économique, tandis que les dépenses, en particulier les frais de personnel, ne diminueront pas. Ce n’est pas bon signe.
Les tendances historiques indiquent qu’un ralentissement économique est imminent, et lorsque cela se produira, les recettes de Chamoson en subiront les conséquences.
Et puis, il y a le coût imminent du traitement de l’eau.
Le réseau d’assainissement de la Suisse est vétuste et croule sous le poids de l’augmentation de la population. Les experts ont déterminé que le traitement de l’eau est plus efficace lorsqu’il est décentralisé. Le coût de cette opération sera énorme et devra être supporté par les communes.
Chamoson a déjà commencé à mettre en œuvre les mesures fiscales destinées à financer cette dépense, ce qui explique en partie l’augmentation des recettes. Nous n’avons pas encore commencé à engager ces dépenses.
Nous devrions constituer des réserves pour couvrir les coûts imminents du réseau d’eau, mais au lieu de cela, nous les dépensons en frais de personnel.
C’est irresponsable sur le plan budgétaire.
Les politiciens ne réagissent généralement qu’en cas de crise. Plutôt que d’attendre cette crise financière, la grève de la faim vise à sensibiliser tout le monde au problème imminent et à nous impliquer tous dans la création d’un avenir qui évite la crise résultant de l’irresponsabilité financière.
English version
Why the hunger strike is necessary
This hunger strike is about Chamoson’s finances. Looking at the accounts, they suggest that celebration is a more suitable response.
Revenue is up 0.7%. Expenses are up 0.3%. Gross debts has decreased by 8.6%.
The alarm is the single biggest expense category in the accounts: personnel costs, and that has increased by 7.8% and is budgeted to increase by another 8.5% in 2026.
To see why that is a serious problem, we need to go back to 2024.
In that year revenues increased by 13.7% and expenses increased by 6.6%. In a commercial environment, those are good results. But in municipal accounts, expenses do not vary in proportion to revenue. Revenue can suffer significantly in an economic downturn, and the expenses, especially personnel cost will not decrease. It is not be good.
Historical trends indicate that an economic slump is imminent, and when that happens, Chamoson’s revenue will be impacted.
And then we have the looming cost of water purification.
Switzerland’s wastewater system is old and creaking under the weight of the population increase. The experts have determined that water purification is more efficient when it is decentralised. The cost of that will be huge, and must be born by the municipalities.
Chamoson has already started to implement the tax policies intended to fund this expense, which explains some of the increase in revenues. We have not yet started to incur the costs.
We should be building the reserves to cover the looming cost of the water system, and instead we are spending it on personnel costs.
It is fiscally irresponsible.
Politicians usually only respond to crisis. Rather than wait for that financial crisis, the hunger strike is aimed at making everyone aware of the pending problem, and get us all involved in creating a future that avoids the crisis that results from financial irresponsibility.
More at:
Lettre ouverte à M. Reynald Blanchud
Discours prononcé lors de l’assemblée générale annuelle de Chamoson le 10 juin 2026
